Principaux résultats

  • 52 % des Canadiens qui ont entendu parler du budget pensent que le budget aura un « impact générationnel »
  • Les Libéraux devancent les Conservateurs 42 % à 36 % dans les intentions de vote
  • 68% des Canadiens veulent plus de redistribution
  • 43 % veulent des élections avant la fin de 2026



Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, a déposé le budget fédéral le mardi 4 novembre. Le gouvernement avait suscité de grandes attentes, laissant entendre qu’il s’agirait d’une nouvelle approche de gouvernance ayant un « impact générationnel ».

Dans un sondage mené auprès de 1001 Canadiens les 5 et 6 novembre 2025, nous avons constaté que 52 % des Canadiens qui avaient entendu parler du budget (56 % en avaient entendu parler) pensaient que le budget aurait un « impact générationnel ».

Les Libéraux ont aussi une avance confortable dans les intentions de vote. Ils obtiennent 42 %, soit six points de plus que les Conservateurs, qui sont à 36 %.

Tableau 1. Intentions de vote chez les électeurs probables : les Libéraux ont six points d’avance sur les Conservateurs
Parti Pourcentage
Libéraux 42%
Conservateurs 36%
NPD 10%
Bloc Québécois 6%
Parti vert 4 %
Autre 1 %

Les Libéraux et Mark Carney sont également en tête en termes de favorabilité nette. Le Parti libéral et Carney sont les seuls, parmi les partis et chefs nationaux, à jouir de plus d'opinions favorables que défavorables.

Tableau 2. Favorabilité nette des partis et des chefs fédéraux: Les Libéraux et Mark Carney sont le parti et le chef les plus appréciés.
Favorabilité nette
Libéraux +11.0 % pts
Conservateurs -0.3 % pts
NPD -5.4 % pts
Bloc Québécois (Québec) +10.9 % pts
Parti vert -12.7 % pts
Mark Carney +16.4 % pts
Pierre Poilievre -8.7 % pts
Note: favorabilité nette: % aime parti/chef - % n'aime pas parti/chef

Appui de l’opinion publique à la redistribution : les Libéraux pourraient être vulnérables face au NPD.

Il existe toutefois des risques pour les Libéraux. Comme le montre la figure 1, une forte majorité (68 %) de Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral redistribue davantage des riches vers les pauvres. Seulement 41 % des Canadiens pensent que Carney appuie une plus grande redistribution. Cela ne représente que huit points de plus que la proportion de Canadiens qui pensent que Poilievre soutient davantage de redistribution.

Figure 1. Appui à une augmentation de la redistribution des riches vers les pauvres : position des répondants et perceptions des positions de Carney et de Poilievre Graphique montrant que 68 % des Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral redistribue davantage des riches vers les pauvres, mais seulement 41 % d’entre eux pensent que Mark Carney soutient une plus grande redistribution.

Cet écart entre l'appui populaire à la redistribution et les perceptions de la position de Carney crée une vulnérabilité sur le flanc gauche des Libéraux. Plus du tiers (36 %) des électeurs libéraux actuels aiment ou aiment beaucoup le NPD. Si les Néo-démocrates réussissent à élire un chef populaire, de nombreux électeurs libéraux actuels pourraient transférer leur vote au NPD.

Il existe également un risque potentiel lié au conflit tarifaire avec les États-Unis. Presque autant de Canadiens (33,7 %) tiennent Carney ou son prédécesseur Justin Trudeau responsables que Donald Trump (34,7 %) de l’absence d’entente avec les États-Unis visant à réduire les droits de douane.

Tableau 3. Les politiciens que les Canadiens tiennent responsables de l’absence d’entente avec les États-Unis pour réduire les droits de douane. Presque autant pointent Carney ou Trudeau du doigt que Trump
Politicien Pourcentage le pointant du doigt
Donald Trump 34,7 %
Mark Carney 19,4 %
Justin Trudeau 14,3 %
Doug Ford 8,1 %
Pierre Poilievre 4,3 %
François Legault 1,1 %
Autre 0,3 %
Aucun de ces politiciens 5,5 %
Je ne sais pas 12,4%

Lorsque nous avons demandé aux répondants quand les prochaines élections fédérales devraient avoir lieu, 43 % des Canadiens ont répondu qu’ils voulaient des élections avant la fin de 2026. Le gouvernement minoritaire actuel pourrait ne pas durer longtemps.

Tableau 4. Préférences des Canadiens quant au moment des prochaines élections fédérales : 43 % souhaitent qu'elles soient avant la fin de 2026
Moment des prochaines élections Pourcentage
Automne 2025 12,9 %
Première moitié de 2026 17,2 %
Deuxième moitié de 2026 13,2 %
2027 8,1 %
2028 8,4 %
2029 15,0 %
Je ne sais pas 25,2 %
Néanmoins, pour l’instant, les Canadiens souhaitent que le gouvernement libéral reste en place. Des majorités relatives de Canadiens veulent que le NPD et le Parti vert votent en faveur du budget fédéral. Des majorités relatives veulent également que les Conservateurs et le Bloc Québécois votent contre le budget. Tableau 5. Préférences des Canadiens quant à la réaction de chaque parti d’opposition au budget : une majorité relative souhaite que le NPD et les Verts votent en sa faveur
Parti Voter pour le budget Voter contre le budget S'abstenir
Conservateurs 34,9 % 46,4 % 18,7 %
NPD 48,5 % 28,3 % 23,2 %
Bloc Québécois 33,5 % 38,3 % 28,3 %
Parti vert 41,1 % 30,5 % 28,4 %

Un budget « générationnel » qui pourrait comporter des risques pour les Libéraux

La plupart des Canadiens sont d’accord avec les Libéraux que le budget aura un impact « générationnel ». Les Libéraux mènent dans les intentions de vote. Le Parti libéral et Mark Carney sont également, respectivement, le parti et le chef les plus populaires.

Le risque pour les Libéraux réside toutefois dans l’écart entre le désir des Canadiens d’une plus grande redistribution des riches vers les pauvres et l'appui populaire à redistribution, qui est beaucoup plus forte que la perception d'appui à la redistribution de Carney. Cela représente un défi particulier pour les Libéraux, puisque le tiers de leurs partisans actuels sont aussi favorables au NPD. Si les Néo-démocrates trouvent un chef populaire, des Libéraux déçus par le manque de redistribution sous les Libéraux de Carney pourraient se tourner vers le NPD.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé en ligne les 5 et 6 novembre 2025. Les répondants ont été recrutés à partir de divers panels en ligne via Cint Exchange. Les résultats sont pondérés selon l’âge, le sexe, le niveau d’études et la région, en fonction des données du recensement. Si l’échantillon avait été probabiliste, la marge d’erreur aurait été de 3,1 points de pourcentage. Les entrevues ont été réalisés en anglais et en français.